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Chapitre 2 · 1926-1944

L'Oyster et le Perpetual, les deux inventions fondatrices

L'Oyster et le Perpetual, les deux inventions fondatrices

Toutes les Rolex actuelles, à l'exception de la Perpetual 1908 et de la Padellone, portent le nom « Oyster Perpetual ». Ces deux mots désignent deux inventions des années 1920 et 1930 : le boîtier étanche et le remontage automatique par rotor.

L'Oyster, 1926

En 1926, Rolex présente l'Oyster, première montre-bracelet étanche. Son boîtier est fermé par une lunette, un fond et une couronne de remontoir vissés sur la carrure. Les cannelures de la lunette et du fond servent d'abord à les visser avec un outil spécifique ; quand les lunettes deviendront chassées, dans les années 1950, la lunette cannelée restera comme une signature esthétique.

La couronne vissée s'inspire d'un brevet déposé en 1925 par Paul Perregaux et Georges Perret, dont Wilsdorf acquiert les droits. C'est le principe de la couronne Oyster : vissée contre la carrure, elle se comporte comme la porte étanche d'un sous-marin.

Mercedes Gleitze et le témoignage, 1927

En octobre 1927, la nageuse britannique Mercedes Gleitze tente une nouvelle traversée de la Manche avec une Oyster autour du cou. Après plus de dix heures dans une eau froide, la montre fonctionne toujours. Wilsdorf achète la une du Daily Mail pour l'annoncer : c'est la naissance du « témoignage », le lien entre une montre et un exploit. La montre de la nageuse, une Oyster en or de forme octogonale, a été adjugée chez Sotheby's en 2025 ; voir notre page sur les ventes aux enchères et le récit de la traversée.

La Prince, 1928

En 1928, Rolex lance la Prince, montre rectangulaire à mouvement de forme et cadran à petite seconde séparée. Souvent certifiée chronomètre, elle est l'une des montres les plus luxueuses de la marque dans l'entre-deux-guerres.

Le rotor Perpetual, 1931

Une montre à remontage manuel doit être remontée chaque jour : il faut dévisser la couronne, ce qui use le joint et compromet l'étanchéité. En 1931, Rolex dévoile et brevète le rotor Perpetual, une masse en demi-lune qui pivote librement dans les deux sens au moindre mouvement du poignet et arme le ressort de barillet. La couronne ne sert plus qu'aux réglages et reste vissée la plupart du temps.

Les premiers mouvements automatiques sont plus épais que les calibres manuels : le fond bombé des boîtiers vaut à ces montres le surnom de « Bubble Back ». Elles sont présentées dans la collection Oyster Perpetual.

La couronne et le Rolesor

La couronne à cinq pointes, logo de la marque, est déposée en 1931. Elle apparaît sur les cadrans dans le courant des années 1930, puis sur la couronne de remontoir au début des années 1950, époque où elle commence à remplacer l'index de 12 heures. En 1933, Rolex enregistre le nom « Rolesor », qui désigne l'association de l'or et de l'acier sur une même montre, une combinaison utilisée depuis les années 1920.

Vitesse, altitude et guerre

En 1935, Sir Malcolm Campbell dépasse les 300 miles à l'heure au volant de sa Bluebird, une Oyster au poignet. À partir des années 1930, des Rolex équipent aussi des expéditions dans l'Himalaya.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Wilsdorf propose aux officiers britanniques prisonniers, dont les montres ont été confisquées, de leur envoyer une Rolex payable après la guerre. Le prisonnier britannique Clive James Nutting commande ainsi depuis le Stalag Luft III, en 1943, un chronographe Oyster 3525 ; la montre est souvent associée aux préparatifs de la « Grande Évasion ». Les chronographes de cette époque sont réunis dans notre page dédiée.

Repères

  1. 1926

    L'Oyster, première montre-bracelet étanche.

  2. 1927

    Mercedes Gleitze traverse la Manche avec une Oyster ; naissance du témoignage.

  3. 1928

    Lancement de la Prince.

  4. 1931

    Le rotor Perpetual est dévoilé et breveté ; la couronne Rolex est déposée.

  5. 1933

    Le nom « Rolesor » est enregistré.

  6. 1935

    Malcolm Campbell dépasse les 300 miles à l'heure.

  7. 1939-1945

    Rolex fournit des montres aux officiers britanniques prisonniers.

Sources : Rolex SA, Historique de Rolex, Hans Wilsdorf, un visionnaire par excellence et Rolex, un trait de génie en cinq lettres (dossiers de presse, 2024) ; newsroom Rolex. Les dates de production des références sont recoupées dans le registre du Rolexograph.